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L'histoire de la solution

Pourquoi j'ai arrêté de tout automatiser

Jonathan Chenillot
Jonathan Chenillot
Cofondateur · Directeur technique

Avant ça, j'étais chef de projet. 35 projets par an, 18 en simultané en moyenne.

Je n'ai pas commencé avec une vision. J'ai commencé avec une question : est-ce que cette chose peut m'aider dans mon métier, concrètement ?

Ce qui n'a pas tenu Ce qui a fonctionné Le point de bascule
Les premières automatisations
01
Mars 2023

Je fais écrire

Au début, je rédigeais mes emails et je les faisais reformuler. Corriger le ton, resserrer, vérifier que le message passait. L'IA était un correcteur. Elle m'aidait à mieux communiquer.

Je suis resté six mois là-dessus. Et je suis devenu celui qui rentrait chez lui après onze heures de bureau et qui ajoutait deux à trois heures pour réfléchir à comment optimiser son travail. À cette époque, GPT était le leader. Tout passait par des automatisations classiques — le genre de choses qu'on savait faire depuis la sortie de n8n.

J'anonymisais les noms et les chiffres. Mais le contexte, lui, partait quand même — dans un outil grand public, en version gratuite. Et anonymiser à la main à chaque message, ça ne tient que tant qu'on y pense.

02
Septembre 2023

L'application de prise de mesures

J'ai voulu construire une application de prise de mesures techniques pour sortir du tableau Excel qu'on utilisait, et imposer un ordre précis dans la saisie des informations.

À l'époque, Claude Code n'existait pas. Je faisais écrire le code par GPT, morceau par morceau, et je le collais dans des applications natives. Je n'ai jamais obtenu ce que je voulais.

J'étais limité techniquement. J'ai arrêté.

03
Décembre 2023

Le contrôle des commandes

Maquette d'époque

Le verre, sur un chantier, c'est du sur-mesure. Chaque pièce a ses dimensions, sa composition, son prix. On envoie une commande, le fournisseur renvoie une confirmation, et c'est là que les écarts apparaissent.

Le contrôle se fait à la main, ligne par ligne. Quand on en reçoit plusieurs par semaine, on finit par ne plus vraiment vérifier. Et l'erreur ne se voit qu'à la livraison, quand la pièce ne rentre pas.

L'agent reprend la confirmation ligne à ligne face à la commande d'origine. Rien à signaler, le document part au classement. Une erreur de mesure, une demande de correction est préparée pour le fournisseur. Et une alerte remonte vers moi, pour que je suive.

Ça a demandé beaucoup de rigueur à mettre en place. Mais le résultat était là.

Quand on calcule le retour sur investissement de cet outil, il est stratosphérique. Une confirmation de commande erronée, ce n'est pas une ligne fausse dans un document : c'est une pièce qui ne rentre pas, une pose reportée, un corps d'état bloqué et un planning qui glisse.

04
2024

J'enregistre les kick-off

Maquette d'époque

J'avais déjà une habitude : noter les kick-off en interne pour garder l'information. Je l'ai automatisée. Un Excel alimenté automatiquement, filtré sur les 35 informations que l'expérience m'avait désignées comme les plus pertinentes.

Pas 200 champs. 35. Ceux qu'on regarde vraiment.

Puis j'ai construit Henry, qui les prend directement à la source. Il enregistre la séance et remplit la fiche. Une information saisie une fois, à l'endroit où elle est dite.

C'était la première fois que je ressentais une automatisation bouclée. Celle qui ne demande plus aucun effort derrière.

05
Mars 2024

L'agent téléphonique

Maquette d'époque

Mars 2024, début d'une période chargée qui va durer jusqu'en décembre.

Restauration d'un immeuble de 28 appartements. 28 rendez-vous de prise de mesures à caler avec les locataires.

Je recevais le plan et l'état locatif par email. L'agent lisait les PDF, en sortait la liste des appartements et des occupants, construisait le tableau de suivi. Je reprenais la numérotation à la main quand elle ne collait pas.

Ensuite il appelait. Et il gérait la relance seul : pas de réponse, un email part au locataire avec la gérance en copie ; deux jours sans retour, un second email à la gérance ; toujours rien, la main passe à la gérance — c'est son rôle à partir de là.

En fin de journée, un email de suivi à l'architecte avec le tableau à jour. Les rendez-vous obtenus se posaient dans le planning Outlook.

On est passés par plusieurs phases. Au début, les gens ne répondaient pas, ou raccrochaient dès que l'IA parlait. Alors j'ai envoyé un courrier à la gérance et aux locataires pour expliquer le fonctionnement avant de lancer la campagne d'appels. Ça a tout changé.

C'est la partie que j'ai le plus aimé développer. Elle demandait une vraie compréhension du terrain : proposer les bonnes plages horaires, calculer l'écart à laisser entre deux rendez-vous pour que la journée de mesures tienne debout.

Je n'ai pas eu d'autre projet de cette taille pour continuer à l'améliorer. Je l'ai laissée de côté.

06
2024

La gestion de charge

Maquette d'époque

J'avais branché ma Whoop sur mon agenda pour adapter mes journées à ma récupération. Je savais que le jeudi devait rester ma journée de récupération. C'était utile, mais ça ne regardait qu'un seul paramètre.

Alors j'ai construit Lina. Son travail : me dire si je pouvais accepter un nouveau projet.

Elle croisait quatre choses. La charge professionnelle — chaque projet noté de 1 à 5 selon son ressenti réel, avec ses tâches, ses échéances, la coordination à tenir. L'état psychologique lié à chaque dossier, de serein à bloqué. La charge personnelle, parce qu'elle ne s'arrête pas à la porte du bureau. Et les données Whoop : récupération, stress, sommeil, effort.

De tout ça, une note de charge mentale sur 10, une projection à venir, et une recommandation : alléger la journée, accepter ou refuser le projet suivant, faire une pause, ou s'arrêter.

Elle avait accès à mon planning et à mes kick-off. Elle savait qu'une commande de verre demande cinq semaines, et en tirait les dates de première intervention.

Et elle avait besoin de moi. Vingt minutes en vocal chaque matin dans la voiture, à répondre à ses questions et à lui citer tout ce qui avait changé sur chaque point.

Le système était juste, il fonctionnait. Mais il ne tenait que si je l'alimentais tous les jours — et j'étais le seul à avoir de la visibilité dessus. Ce n'était pas viable.

Le point de bascule
07

Je me pose

J'ai cessé de vouloir tout automatiser. Je me suis assis et j'ai cherché ce qui compte vraiment dans mon métier.

Ce n'est pas ce qui est visible. C'est ce qui ne l'est pas : les détails qu'on ne perçoit pas sur le moment, les signaux faibles. Ce qui, par expérience, fait déraper un projet.

Personne n'automatise ça. Parce que ça ne se saisit pas dans un formulaire — ça se dit à l'oral, en séance, et ça se perd.

Alors j'ai tout remis bout à bout, et j'ai changé le nom de Lina pour Lisa.

Ce qui est né de là
08
Février 2025 → décembre 2025

Claude Code

Février 2025, je découvre Claude Code. Et là, je vois s'ouvrir tout ce qui me limitait techniquement jusque-là.

Je repense aux débuts de Lisa. Je commence par assembler ce qui avait vraiment fonctionné.

Puis je mets mon frère sur le sujet — dix ans dans la lutte contre la cybercriminalité, en retraite l'année prochaine.

Et je contacte Amaury, un ami de longue date, celui qui m'a coaché sur les périodes les plus exigeantes de ma vie, personnelle comme professionnelle et sportive. Lui avait la vision grand groupe. Moi, l'opérationnel. C'est de là qu'est né, en décembre 2025, le suivi d'équipe à distance par les boards de l'application web.

À trois, on a construit ce qu'est Lisa aujourd'hui. Beaucoup de travail. Et je crois qu'on a mis la meilleure partie de nous-mêmes dans chaque brique du projet.

09
Janvier 2026

On ouvre

On a testé la solution sur nos propres dossiers. Tout ce qu'on avait fait de bon pendant trois ans était maintenant dans Lisa.

En janvier 2026, on a décidé de l'ouvrir et de la proposer aux entreprises du bâtiment et aux bureaux d'architectes.

Et maintenant, vous connaissez la suite.

Et si vous ne connaissez pas la suite

Réservez votre audit. On regarde ensemble si c'est pertinent pour vous. Dans le cas contraire, on aura échangé des connaissances intéressantes sur la façon dont une entreprise comme la vôtre peut être optimisée avec l'IA.

Réserver mon audit

Aujourd'hui, ce sont nos clients qui ajoutent les leurs.

Bureaux d'architectes

Ils nous ont ouvert leurs PV de chantier. On a découvert que presque aucun n'avait la même méthode — alors on a intégré au parcours client des modèles sur mesure pour chacun d'entre eux.

Entreprise de génie civil

Elle nous a demandé que les audios ne soient plus réécoutables et soient détruits après la première transcription. On l'a fait, et c'est devenu un paramètre activable pour tous.

Menuiserie

Elle voulait pouvoir assigner des tâches à des comptes gratuits. On l'a fait.

Il y a des dizaines de remarques comme celles-là qu'on a appliquées. Pour nous, ce ne sont pas des demandes clients. Ce sont des briques du projet.

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