Deux terrains, le même constat.
Nous n'avons pas construit Lisa depuis un bureau. Nous l'avons construite parce que nous avons vécu, chacun de notre côté, ce que coûte une décision prise en réunion et jamais appliquée.

Chef de projet dans le bâtiment pendant 5 ans. Sept journées sur dix à piloter depuis le bureau, trois sur le terrain. Sa spécialité : les process et les gros volumes d'activité, faire tenir ensemble beaucoup de dossiers en parallèle.
Être chef de projet, c'est être organisé. Le problème n'est pas là. Il est dans la quantité d'informations qui circulent à l'oral en une journée : il faut arbitrer et anticiper en permanence, décider ce qui doit être écrit, ce qui peut rester dit, et à qui cela devra parvenir. Le vrai sujet n'est pas la méthode, c'est la durée. On peut absorber ce volume ; ce qu'aucune méthode ne permet, c'est de l'absorber à la même intensité pendant des années sans jamais rien laisser filer.

Ingénieur en systèmes industriels, spécialisé en lean manufacturing et supply chain (Supméca, EPFL). Business Unit Manager chez Rolex à Bienne, sur les mouvements de montres, puis recrutement de cadres pour l'industrie horlogère suisse.
Une organisation doit rester pilotable même quand on n'est pas dans la pièce. Un site, un étage, un fuseau : à chaque distance ajoutée, l'information met plus de temps à remonter, et elle remonte déformée. On est toujours présent quelque part. Ce qu'il a cherché toute sa carrière, c'est le moyen de ne pas perdre de vue ce qui se passe pendant qu'on traite autre chose.
Un chantier et un atelier ne se ressemblent pas. Mais dans les deux, ce qui se décide à l'oral finit par se perdre de la même façon. C'est ce que nous avons voulu régler, d'abord pour nous, ensuite pour les entreprises que nous accompagnons.
